ANDRÉ BRIE    
FRANÇAIS | TEXTES CHOISIS
 

André Brie

 

Député européen du Parti de Gauche.PDS

 

L’Europe n’a pas besoin d’une « nouvelle économie » mais d’une nouvelle politique économique et d’une union sociale

 

 

La classe politique européenne, qu’elle soit conservateur, libérale ou social- démocratique, lamente. Elle se plaint du « Non » des populations française et néerlandaise au traité constitutionnel de l’UE et de la propre incapacité de l’accepter, de la crise de l’intégration européenne mais surtout de l’apparente impossibilité de payer l’Ètat social. Le plus lamentable est leur bavardage du manque d’alternatives au démantèlement de l’État social par lequel l’« Europe » est supposée d’être rendue compétitive sur le marché mondialisé. Depuis que Margaret Thatcher dans les années 70s déclara le mot d’ordre « Il n’y a pas d’alternative », la rhétorique sur le manque d’alternative et surtout la politique idéologique fondée de cette manière d’un « roll-back » anti-social sont devenu plat commun de la politique européenne dominante – dans l’UE comme dans ses États- membres.

 

La Gauche pourrait contrer ce mur de lamentation premièrement  par l’interview de l’influent économiste américain, Jeremy Rifkin, qu’il donna le 20 juin 2006 au journal autrichien « La Presse », deuxièmement, aller avec assurance au-delà de Rifkin et faire de l’intégration européenne, de l’Union Européenne, à côté et ensemble avec les luttes dans les États nationaux, son projet de la défense, du développement continue et du renouveau de l’État sociaux. A la question du journaliste : « Comment payer pour le ‘rêve européen’ ? L’Europe après s’oriente au modèle économique US américain – surtout en ce qui concerne les objectifs de Lisbonne », Rifkin répondit : « Ça serait une faute. En Europe j’entend encore et encore : Une économie forte et l’État social se trouvent en contradiction l’une á l’autre. Dans les statistiques sur les économies orientées vers la croissance, c’est toujours les pays nord- européens qui mènent. Leur secret ? Ils ont réformé leur État social… » Encore autre chose est mémorable dans la comparaison de Rifkin entre les États-Unis et l’Europe : « Vous discutez de droits que nous ne connaissons même pas : pensions, protection de la maternité. Les droits de l’homme et le développement durable jouent un rôle clé dans les discours politiques. Le rêve européen repose sur la coopération. Donc il se porte bien aussi dans le monde mondialisé – contrairement au rêve individualiste américain. » L’on opposera d’abord à Rifkin, que la réalité européenne n’est pas telle, après tout, ni la réalité de la politique européenne, ni guère la réalité des discours prévalents européen. Oui. Il faut la changer. Cela est très nécessaire.

 

« Les États membres sont en accord sur la nécessité d’agir pour une amélioration des conditions de vie et de travail des employés et de rendre possible donc leur égalisation sur le chemin du progrès. » Ça sonne très bien, ce que les pères- fondateurs de la communauté européenne d’alors ont écrit en mars 1957 dans les Traités romains. Presque 50 ans plus tard, ils étaient inclus dans les accords suivants bien un autre passage sur la politique sociale. Mais pratiquement ce domaine de la politique est resté jusqu’à aujourd’hui un enfant délaissé de l’intégration européenne,  qui maintenant – en dépit de tous les beaux  discours - doit être finalement jeté dans le trou au moyen de la stratégie de Lisbonne.

 

Cela, bien qu’ils existent en Europe- UE pas mal de premiers pas vers l’établissement d’une politique sociale communautaire – même si surtout des objectifs des entrepreneurs et non pas des objectifs était liés à cela.  En Europe la protection sociale a toujours été comprise surtout en tant que « facteur productif ». Par exemple, le traité de l’UE déjà mentionné se prononça en faveur de l’harmonisation des systèmes d’assurance sociale – avec l’objectif d’encourager la mobilité des employés. Aussi dans le Traité de Maastricht (1992), il y avait des thèmes de politique sociale, qui pourraient tomber dans la compétence commune (comme les normes minimales pour conditions de travail). A Amsterdam (1997), l’on décida par exemple l’introduction de directives de politique d’emploi – pourtant avec obligation réduite. Le Traité de l’UE de Nice (2001) liste des champs communs d’action sociale comme l’égalité de chance d’hommes et de femmes sur le marché du travail. De l’autre côté la Commission de l’UE ne constata que récemment, que la politique dans ce domaine a eu peu de succès. Au début de l’année 2006, 18,4 millions d’hommes étaient en chômage dans l’UE ; le quota du chômage parmi les femmes fut d’un quart plus hait que pour les hommes ; surtout les femmes sont poussées de plus en plus dans des emplois précaires et des relations précaires d’emploi. Le problème principal de la politique de l’UE, le plus visible dans le traité de Maastricht et dans le projet de constitution a été toujours que la politique sociale était comprise au mieux comme un appendice, un instrument ou une certaine atténuation du développement de marché.

 

Surtout par le « processus de Lisbonne », le « modèle social européen » a reçu une dimension spécifique européenne (correctement l’on devrait mettre aussi bien le mot « européen » que le mot « social » entre guillemets). Ce que beaucoup de gouvernements nationaux ne daignent pas dans cette franchise – au niveau européen, le modèle social US américain a été tourné en image- guide et par le véhicule de la politique européenne, il est aussi poussé à la réalisation dans les États nationaux : dénonciation de l’État social comme obstacle à l’économie et à la compétition, privatisation et orientation de la prévention sociale, dérégulation des marchés du travail. Dans un point décisif, l’on se distingue pourtant des Etats-Unis : Tandis que Washington oriente sa politique financière et économique vers son propre marché intérieur, la Commission de l’UE et les gouvernement européen misent sur le marché mondial et libéral et la compétition par les coûts des pays membres entre eux au lieu de l’utilisation et le développement du grand marché intérieur européen, la demande intérieure européenne et une politique commune et solidaire économique, sociale et de cohésion.

 

A Lisbonne, les chefs d’État et de gouvernement de l’UE ont décidé d’ « augmenter la dynamique et la compétitivité en Europe en même temps que la promotion de l’intégration sociale d’une façon durable. » L’on se posa l’objectif d’obtenir jusqu’à 2010 une croissance moyenne de 3 pourcents, de créer du « plein emploi » avec 20 millions de nouveaux emplois et d’éliminer la pauvreté des enfants. Lors de l’examen en mi-parcours de la stratégie dans l’année 2005, les agences de l’UE devaient admettre, que les objectifs que l’on s’était fixé n’avaient pas été réalisés. Bien sûr, l’on avait créé six millions d’emplois suivant les données officielles, mais premièrement, la qualité sociale de l’emploi en EU a continuée de se réduire au profit d’emplois précaires, du temps partiel et du temps mal payé, deuxièmement, la performance économique resta loin derrière la croissance avisée, troisièmement, les objectifs dans la politique de recherche, d’innovation et surtout la politique d’éducation n’ont pas été obtenus. En conséquence, la stratégie a été concentrée sur l’encouragement de l’emploi et de la croissance. Officiellement la stratégie de Lisbonne accentue le lien entre croissance et emploi et la cohésion sociale. Les « réformes sociales » demandées et réalisées maintenant dans toute l’UE visent pourtant à restructurer l’État social suivant le principe de la « responsabilité individuelle ». Cela veut dire, par exemple, dans le système des pensions, que ces systèmes sont limités à quelque chose de pas du tout semblable à une sécurité de base résistante à la pauvreté, et que l’orientation prioritaire à la prévention à la vieillesse couverte par le marché du capital servira surtout à la création d’un marché financier européen. Dans le secteur de la santé l’on oriente vers un approvisionnement seulement avec des services obligatoires «nécessaires du point de vue médical » ainsi que des suppléments accrus. Bien que la stratégie fut encore soulignée au sommet du printemps de 2006, surtout les objectifs de politique d’emploi ont été largement abandonnés en réalité. La politique du marché du travail est réaménagée en direction de la réduction de services de soutien par l’État et de pression massive sur les chômeurs. En général, en ce qui concerne les « réformes » dans le domaine social, une réorientation vers des systèmes durables n’est pas reconnaissable, mais au contraire le retrait de l’État des soins collectifs partout en Europe.

 

L’alternative à cela est d’une part la défense et le renouveau de l’État social dans les États membres, d’autre part la lutte pour une Union Social Européenne, pour le développement d’un modèle de l’État social européen, qui liera les particularités nationales avec une réorientation sociale et solidaire de l’intégration européenne. Sans une politique économique européenne fondamentalement changée au lieu de la Nouvelle Économie du Processus de Lisbonne, cela ne pourrait pas être réussi. Cohésion sociale, sécurité sociale et développement écologique durable devraient être leurs objectifs de politique sociale et leurs constituants intégraux en même temps. Les traits fondamentaux des politiques nécessaires à cette fin sont apparents :

 

            Une coopération de politique économique entre la BCE, la politique économique et fiscale des États membres et la politique salariale,

            Une politique monétaire plus détendue, une politique salariale orientée vers la productivité,

            Une stratégie orientée vers l’économie intérieure durable et

            Une politique budgétaire, qui renforcera les investissements publics, la recherche et l’éducation ainsi que le développement des ressources humaines,

            Une politique conséquente d’égalité,

            Une union sociale avec niveaux européens minimaux pour les bénéfices sociaux, les salaires et les impôts sur les entreprises qui sont rapprochés les uns aux autres graduellement vers le haut dans des corridors.

 

C’est ça le chemin vers une vraie union sociale en Europe.

 

Original dans « La Gauche 2 » ; Septembre 2006

 
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