ANDRÉ BRIE    
FRANÇAIS | TEXTES CHOISIS
 

André Brie, MPE (Parti de Gauche), le 13 septembre 2006 :

 

Culture et éducation – les grands défis de l’avenir des services existentiels

 

 

« S’il fallait que je recommence encore une fois avec l’Europe, je commencerais par la culture et non pas par l’économie. » Cette pensée sympathique nous vient de Jean Monnet, l’un des « pères fondateurs » de l’Union Européenne. Comme si souvent dans de tels cas, cette idée lui vint pourtant, quand il ne tenait déjà plus ni office ni mandat. La culture et l’éducation au contraire sont les laissé/es pour compte de l’intégration européenne et encore pire : L’orientation radicale vers le marché de la politique actuelle d’intégration les voit, surtout la politique d’éducation et d’université, presque exclusivement comme facteur économique et menace de soumettre la culture et l’éducation dans les États membres complètement aux intérêts de profit.

 

Pourtant la culture, l’éducation et la liberté de l’éducation dans tous les secteurs sociaux sont plus importants que jamais, et donc aussi les questions de plus en plus significatives de la prévision sociale existentielle. Éducation, information, culture et art décident de plus en plus souvent des chances de vie et d’avenir dont disposent les hommes. Sans accès libre et socialement égal il ne peut pas y avoir de société sociale et solidaire. La signification économique est accentuée par la Commission européenne et les gouvernements dans leur « stratégie de Lisbonne », quand ils parlent de la « société du savoir » et de la nécessité de l’apprentissage tout au long de la vie. Il y a donc aussi dans l’UE et ses pays membres des efforts divers d’adapter éducation, éducation professionnelle et continue ainsi que la politique universitaire aux conditions changées économiques et de renforcer par le développement de ressources humaines conformes au marché, comme ce n’est décrit non seulement dans le langage de l’UE, la compétitivité des entreprises européennes. En même temps, les services culturels devraient eux- aussi être commercialisés et mis au marché encore plus fortement. Le côté social et l’unique signification sociale de l’éducation, de la culture et de l’art sont pourtant ignorés.

 

Ceci est primairement la politique nationale. En accord avec le principe de subsidiarité l’éducation se trouve explicitement dans la compétence nationale (Art. 149 du Traité de l’UE), en ce qui concerne la culture, la communauté voit sa tâche dans l’encouragement et l’extension de la culture sauvegardant la « diversité nationale et régionale » (Art. 151, Traité de l’UE). Ceci correspond aussi à la politique et aux stipulations dans les traités sur le plan européen. Une influence existe sur ce domaine pourtant par l’ainsi- dit examen de compatibilité culturelle. « La communauté dans son activité basée sur ce traité porte compte aux aspects culturels, en particulier en ce qui concerne le maintien et l’encouragement de la diversité de ces culture », il est dit dans l’article correspondant 151, alinéa 4 du Traité de l’UE. Cette régulation devrait exclure suivant la compréhension générale, que des affaires culturelles soient sérieusement entravées par d’autre politiques ou mesures de l’UE. Mais elle a aussi une double dimension européenne : premièrement dans la négligence de la culture et de l’éducation dans la politique européenne et dans les traités, secondement dans la libéralisation des marchés poussée surtout par la Commission européenne, ce qui pose une menace aussi aux services culturels et aux services d’éducation politique.

 

Cette direction trouve son expression peut-être la plus claire dans le traité constitutionnel comme proposé. Même si le papier soit gelé après les « Nons » aux référendums en France et aux Pays-Bas, il offre pourtant une image éloquente de la communauté. Celui qui chercherait culture et éducation, doit feuilleter très loin – les passages correspondants se trouvent dans la Partie III parmi les dispositions sur la coopération de politique intérieures et judiciaires et sur l’association des territoires d’outre-mer et sont tenus dans des termes très généraux.

 

Quelques peu plus explicites sont les passages sur l’éducation au moins dans la Charte des Droits fondamentaux. Ainsi l’article II-74 fixe le droit à l’éducation et l’accès à l’apprentissage professionnel et continue. L’on revendique clairement la possibilité à une participation sans frais à l’éducation obligatoire. La responsabilité pour le façonnement du système éducatif est attribuée aux États individuels.

 

Conditions générales changées   

Bien que la responsabilité nationale pour la culture et l’éducation en vue des traditions, des arrangements et des particularités différentes soit absolument raisonnable, il y repose là en même temps un problème grandissant :

 

Premièrement de plus en plus de gens trouvent leurs possibilités d’éducation et de travail dans d’autres pays- membres de l’UE. L’UE a réagi à cela avec le processus de Bologna, qui pour des étudiantes et les étudiants devrait apporter quelques avantages lorsqu’ils changent d’université entre les pays, mais qui vise surtout à une éducation rapide et spécialisée correspondante aux demandes des entrepreneurs, qui menace de détruire l’aspiration classique de l’éducation universitaire au profit d’une éducation spécifique étroitement taillée aux sujets.

 

Secondement, la culture et l’éducation se sont souvent développées dans le cadre national, mais elles ne sont pas une « propriété nationale », parce que justement dans nos communautés « nationales » de plus en plus de gens originaires d’autres États vivent avec nous. Dans le Traité constitutionnel l’on fait référence à juste titre au fait, que l’Europe a un héritage commun culturel. Dans les passages déjà cités il s’agit à côté de cela de la diversité des cultures nationales et de leurs liens, qui mènent à des formes encore nouvelles. Il faut ajouter à cela, que l’éducation, la culture et l’art en particulier avec les nouveaux médias (diffusion digitale, télévision de satellites, compression de données, nouveaux réseau et autres) ne trouvent non seulement de nouveaux chemins de s’épanouir et de se vendre, qui ne peuvent plus être contrôlés par les États nationaux, mais en même temps produisent de nouvelles formes, qui ne sont plus attachés à des frontières nationales. Donc il s’agit actuellement dans la procédure législative de l’Union Européenne par exemple d’une directive sur la « télévision sans frontières ».

 

Troisièmement, la culture et l’éducation sont des biens (aussi bien matérielles que idéelles) et des marchandises en même temps. Leur communication est un des services sociaux les plus importants. Donc il est clair que l’éducation, la culture et l’art sont des domaines centraux des services existentiels publics. Cela signifie, qu’il doit être offerte aussi bien un « approvisionnement de base » - gratuit – et qu’une offre étendue et couvrant tout le territoire doit être maintenue et continue à être développé pour toute la communauté. Ceci ne peut se faire que par l’action de l’État et de l’investissement continuel. Ici l’on trouve le problème décisif de la politique européenne : l’orientation vers le marché massive poursuivie par la Commission de l’UE (création d’un marché intérieur européen unifié sur pratiquement dans pratiquement tous les domaines) détruit les possibilités de l’État national de garantir cet accès général et social aux biens de la culture et de l’éducation. Ainsi dans l’Article 5 de la Loi fondamentale de la République fédérale la mission publique de la radio (et de la télévision) est garantie. Elle a aussi à servir, suivant le jugement de la Cour fédérale constitutionnelle, à la formation publique des opinions et des volontés et donc à la démocratie. Par contre la commission de l’UE et la Cour Judiciaire Européenne placent à l’avant-plan le côté commercial et compétitif.

 

La saisie néolibérale

 

Deux tendances sont préoccupantes dans ce contexte : D’un côté, par la politique de redistribution au profit des grandes compagnies et des grandes fortunes, les caisses de la main publique sont vides, les offres dans les domaines de la culture et de l’éducation sont de plus en plus souvent attaquées au bic rouge. Comme beaucoup de domaines de la culture et de l’éducation, en dépit de leur appartenance aux services existentiels (garantis constitutionnellement en Allemagne), n’appartiennent pas aux tâches obligatoires des communes et des districts régionaux, la pression et la destruction sont particulièrement grandes ici.

 

De l’autre côté aussi bien les services prestés par l’État que ceux prestés par le privé aussi dans les domaines de la culture et de l’éducation sont coincés de plus en plus dans le corset de l’UE. La directive de service (« directive Bolkestein »), discutée encore en ce moment au Parlement européen, est aussi la tentative d’appliquer des critères purement économiques au secteur public. Les changements obtenus au Parlement européen ne bannissent pas ce danger du tout. Cela pourtant aurait des conséquences graves :

 

             L’intégration de l’éducation, de la culture et de l’art dans un marché libre et  non- restreint de services mènerait à ce que l’État ne pourrait plus suffisamment intervenir dans ce secteur. Entre autres des certificats de licence devraient être reconnus par des offreurs de services dans d’autres pays. Comment cela s’accorderait avec le principe, suivant lequel les États eux-mêmes déterminent leurs objectifs d’éducation et de soins des enfants et l’architecture du paysage d’éducation et de culture, reste question ouverte.

             L’intervention matérielle de l’État aussi serait mise en question. Jusqu’alors l’orientation au bien public des agents de cultures et d’éducation a été la condition préalable pour des subventions d’État. Suivant des critères purs de marché, ce «subventionnement sélectif » devrait pourtant être classifié comme « aide falsifiant la compétition » et devrait donc être arrêtée.

             Finalement cette politique mènera inéluctablement au démantèlement d’une offre compréhensive et accessible à tout le monde en éducation et en culture et à des pertes dramatiques en largeur, pas en dernier lieu en ce qui concerne la garantie d’une liberté démocratique d’information. La tendance que des couches socialement désavantagées sont durablement socialement exclues au moyen d’un manque d’accès ou des déficits d’éducation et de culture sont déjà maintenant manifestes.

 

La faim avide du marché (du capital privé) devrait être arrêté de toute façon, si un retour du capitalisme du laissez- faire et son obtention d’un « capitalisme d’information » doivent être évité. Presque rien ne devrait être plus important que de commencer de maintenir l’éducation, l’accès à l’information, la culture et l’art hors de sa domination.

 


 
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